Double médaillée mondiale, maman, étudiante et athlète engagée : Déborah Marti incarne un ski-alpinisme à la fois exigeant et humain. Son objectif ? Briller aux JO de 2026 et offrir à son sport la lumière qu’il mérite.
Du bronze mondial aux sommets suisses
Déborah Marti n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Arrivée tard dans le ski-alpinisme — à 19 ans — elle a rapidement enchaîné les performances :
- Double médaille de bronze aux Championnats du monde 2019 (sprint et relais)
- 3e de la Patrouille des Glaciers 2022
- Quadruple championne suisse de sprint (2017 à 2022)
Depuis, la Genevoise évolue au sein de l’équipe nationale Swiss Olympic et multiplie les podiums en Coupe du monde. Depuis 2023, elle s’entraîne sous la houlette de Tiffany Rapillard (Next Percent).
Une alliée précieuse : l’hypoxie
En parallèle de sa préparation en altitude réelle, Déborah intègre des séances en salle d’hypoxie par phases, sous forme de blocs, selon sa planification. Objectif : intensifier le travail physiologique sans compromettre la récupération.
Cette méthode s’est révélée précieuse à plusieurs moments clés de sa carrière :
- En 2019, à six semaines des Mondiaux organisés en Suisse, alors qu’elle souffrait d’une déchirure partielle du ligament latéral interne, l’hypoxie lui a permis de maintenir une intensité d’entraînement élevée sans surcharger les tissus fragilisés.
- Lors de sa deuxième grossesse, entre les gardes d’enfants et l’allaitement, les séances en hypoxie ont été idéales pour s’entraîner de manière courte mais intense, avec des bénéfices concrets et adaptés à ses contraintes.
Donner une voix aux athlètes
En parallèle de sa carrière sportive, Déborah a obtenu un Master en gestion du sport à l’Université de Lausanne (UNIL). Sujet de son mémoire : les revenus des sportifs d’élite en Suisse. Un sujet qu’elle connaît de l’intérieur.
La RTS l’a récemment mise en lumière dans un reportage consacré aux difficultés financières des athlètes suisses. L’occasion de rappeler que derrière les médailles, il y a souvent des sacrifices invisibles.
Jeux olympiques et rêves assumés
À 30 ans, maman de deux enfants, installée en Valais, Déborah Marti a encore de grands objectifs en tête :
- Médaille aux Mondiaux de sprint
- Victoire à la Patrouille des Glaciers
- Et surtout : qualification pour les Jeux Olympiques 2026, où le ski-alpinisme fera son entrée.
« Une opportunité unique pour notre discipline d’être enfin reconnue du grand public. »
Une vie en équilibre, malgré les défis
Concilier sport de haut niveau, maternité et études ? Un défi de chaque instant. Mais pour Déborah, c’est justement cette complexité qui donne à sa vie tout son sens :
« La vie est une succession de défis, et c’est ce qui la rend passionnante. Sans objectif, elle perd de sa saveur. Certains obstacles semblent parfois insurmontables, mais le simple fait d’essayer, de chercher des solutions, rend l’échec plus acceptable. On sait qu’on a tout donné – et ça change tout.
Jongler entre entraînements, enfants et études, ce n’est pas simple. Mais cette pluralité me rend plus forte. Ma vie ne repose pas sur un seul pilier, alors même quand tout ne va pas comme prévu dans un domaine, je trouve de la joie dans un autre. C’est cet équilibre qui me porte. »


